Les Hautes-Laurentides «à boutte» se mobilisent

(Photo Medialo - Mary Radermaker)
(Photo Medialo – Mary Radermaker)

Dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, qui se déroule  jusqu’au 2 avril 2026 partout au Québec, plusieurs organismes des Hautes-Laurentides ont mis en place des initiatives afin de sensibiliser à la réalité du milieu communautaire et à l’importance de son financement. 

La Griffe d’Alpha, un organisme en aide et écoute à Mont-Laurier, a annoncé la suspension de la majorité de ses services pendant les deux semaines de grève afin de dénoncer la situation financière du milieu communautaire. Dans une publication Facebook, l’organisme explique clairement les raisons de cette décision : « Parce que La Griffe, comme le reste du milieu communautaire, est “à boutte”. À boutte des coupures, à boutte du sous-financement, à boutte du manque de reconnaissance. » L’organisme rappelle également que la fermeture temporaire de ses services a des impacts réels sur la population : « Fermer pendant deux semaines, ça peut sembler banal pour la population générale. Mais pour nos participant·es, cela représente deux semaines sans formation, sans moments pour apprendre, voire sans vie sociale. »

La Griffe d’Alpha souligne que ses services jouent un rôle important dans l’intégration, la formation et la participation sociale de plusieurs citoyens. « Nos formations permettent à des immigrant·es de s’intégrer, à des aîné·es de rester connecté·es et à des travailleur·euses de développer leur potentiel. Couper dans notre mission, c’est abandonner ceux et celles qui comptent sur nous pour apprendre, communiquer, se débrouiller et travailler. » L’organisme conclut en rappelant que « Tout le Québec s’essouffle quand le communautaire est à boutte », invitant la population à appuyer le mouvement.

La rue de la Madone décorée

La Corporation de développement communautaire des Hautes-Laurentides participe aussi à la mobilisation, et a même en décoré sa vitrine sur la rue de la Madone pour l’occasion. Dans un message symbolique, l’organisme a tenu à rappeler l’importance de la solidarité : « Être forte de sa communauté, c’est reconnaître que notre force ne réside ni dans des murs, ni dans un logo, ni dans un bureau. Elle prend racine dans les organismes qui collaborent, les membres qui s’engagent, les idées qui circulent, les projets qui émergent autour d’une table, les citoyennes et citoyens qui choisissent de faire partie du mouvement (…) Au fond, notre plus grande force… c’est vous. »

Centraide Hautes-Laurentides a également pris position publiquement en appuyant les revendications du milieu communautaire. Dans son communiqué adressé aux membres de l’Assemblée nationale du Québec, l’organisation affirme que « la grève annoncée par une grande partie du milieu communautaire interpelle directement notre organisation. Elle témoigne d’un épuisement réel et d’un sous-financement structurel qui fragilise depuis trop longtemps des organismes pourtant essentiels à notre filet social. » L’organisme souligne aussi la pression grandissante vécue par les organismes communautaires, et rappelle que « les équipes communautaires tiennent à bout de bras des services indispensables à la dignité et à la stabilité de milliers de personnes. » 

« La philanthropie agit comme levier et complément, mais elle ne peut se substituer à la responsabilité de l’État d’assurer un financement à la hauteur des besoins collectifs », a conclu l’organisme. 

Rappelons que cette mobilisation régionale s’inscrit dans un mouvement provincial plus large, visant à obtenir un financement stable, récurrent et suffisant pour permettre aux organismes communautaires de poursuivre leur mission et de continuer à soutenir les populations les plus vulnérables.

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