De la ferme de chantier fondée en 1864 au rôle central de la famille Lafontaine, l’histoire de Ferme-Neuve retrace plus d’un siècle et demi de colonisation, de développement et de transmission familiale.
La compagnie James MacLaren achète le dépôt de provisions construit par Levis Bigelow au pied de la montagne du Diable et, en 1864, le transforme en ferme de chantier qu’elle dénomme New Moutain Farm. Au cours de ses visites, le missionnaire Eugène Trinquier remarque la bonne qualité des terres et souhaite qu’un jour ce petit hameau serve à l’établissement d’une colonie agricole. Dès que la ferme est laissée vacante et mise en vente, il l’achète et la vend à son bon ami, Cyrille Lafontaine, l’exhortant à aller s’y installer comme chef de file…
Or, Cyrille est propriétaire d’une auberge achalandée à Notre-Dame-du-Laus ; il confie ce mandat à son fils aîné, Léonard, qui va habiter la Concerne à l’automne 1888 et procéder à sa rénovation avec l’aide d’employés. En 1896, il épouse Marthe Guérin, fille de Joseph Guérin, pionnier de Kiamika. Ils auront 11 enfants. Puisque Léonard Lafontaine est le premier agriculteur résident, il est considéré comme le fondateur de Ferme-Neuve.
Durant la période 1894-1897, Cyrille bâtit la première maison du futur village où il s’installe définitivement en 1898 avec sa femme et cinq enfants. Il conserve les lots 50-51 à ses propres fins et met les lots 52 à 55 en vente. Généreux, il fait don de terrains pour la construction d’une église-presbytère, d’une école et pour l’aménagement d’un cimetière. Lors d’une visite aux colons, Mgr Duhamel baptise la paroisse « Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement » pour rendre hommage à l’abbé Trinquier, respectant sa tradition des « Notre-Dame ».
En 1901, le ministre de la Colonisation, Lomer Gouin, promet la construction d’une route – le chemin Gouin –, d’un pont pour y relier Ferme-Neuve et différentes infrastructures pour faciliter la colonisation et le développement économique. Cette visite donne son nom à la montée Gouin. Les huit journalistes qui l’accompagnent font une souscription publique à Montréal pour la construction d’une école baptisée « École des Journalistes ». En guise de remerciement, la municipalité change le nom lac de la Vieille pour celui de « lac des Journalistes ».
Depuis 1891, la Concerne est habitée par 4 à 5 générations de Lafontaine. Même si la mairesse de Ferme-Neuve est l’actuelle propriétaire de la maison, son locataire est… un Lafontaine. Une vraie fable de Lafontaine, quoi !
Par Rémi Bélanger