Quand l’art fait réfléchir… Et pincer le nez

  • Publié le 29 avr. 2026 (Mis à jour le 29 avr. 2026)
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Photo gracieuseté
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Une performance écoartistique aussi percutante qu’odorante a pris forme à l’EPSJ le 22 avril dernier, exposant sans détour la quantité de déchets générée en une journée à la polyvalente. Un choc visuel — et olfactif — qui n’a laissé personne indifférent.

« Pour souligner le 22 avril, le jour de la Terre, on voulait faire une image choc en démontrant la quantité de poubelles qu’on génère à la polyvalente en une journée et voir, si on faisait bien le tri, ce qui irait réellement aux poubelles », explique d’emblée Olga Daussà Pastor, enseignante d’arts plastiques à l’École Polyvalente Saint-Joseph.

L’objectif de cette initiative était avant tout de conscientiser les élèves à l’importance du tri des déchets en s’appuyant sur une image difficile à ignorer, soit une véritable montagne de déchets à trier, rendant plus que concrète la quantité de matières générées en une seule journée. L’idée du projet est née au sein du groupe d’enseignants en arts plastiques. Bien que d’autres initiatives aient déjà été mises en place pour sensibiliser à la gestion des déchets, il s’agit ici de la toute première performance écoartistique de ce type réalisée à la polyvalente.

Une démarche concrète

« On s’est rendu compte qu’on ne faisait pas bien le tri, et qu’à cause du compost qui s’en allait au recyclage et le contaminait, le recyclage au complet était jeté à la poubelle », partage l’enseignante. « On voulait produire une image choc qui ferait faire une petite prise de conscience en raison du volume, et qui allait faire réagir aussi, puisque ça ne sent pas bon! »

Comme matériau, les artistes en herbe ont donc utilisé les déchets produits en une seule journée à la polyvalente et se sont affairés toute l’heure du midi sous l’œil curieux et le nez pincé des passants à en effectuer correctement le tri : une pile servant pour le compost, une pour le recyclage, et une autre pour les poubelles.

« Certains élèves qui ont aidé à la préparation de la performance et sur l’heure du midi, on s’est habillé avec des combinaisons. Ce n’était pas seulement pour faire le tri de manière sécuritaire, c’était aussi pour créer l’image d’une zone contaminée, à l’image de la planète. On a aussi fait aussi deux affiches, imaginant de quoi pourrait avoir l’air la Terre. »

Les jeunes ont effectué le tri sous la supervision méticuleuse de Marie-Ève Garceau de la Régie intermunicipale des déchets de la Lièvre. À la surprise des artistes comme des passants, ce n’est qu’une minuscule portion de l’énorme pile de déchets qui était finalement destinée aux poubelles. « Puis, il faut dire que, dans ce qui s’en allait aux poubelles, il y avait des choses qui auraient pu aller à un organisme comme Saint-Vincent-de-Paul ou la Manne du Jour, parce qu’il y avait un sac d’école et des souliers qui étaient en bon état et qui auraient pu être utilisables par une autre personne », précise Mme Daussà Pastor.

« On voulait produire une image choc qui ferait faire une petite prise de conscience en raison du volume, et qui allait faire réagir aussi puisque ça ne sent pas bon! »

-Olga Daussà Pastor

 

 

Au centre, l’entièreté de ce qui aurait véritablement dû être jeté à la poubelle.  (Photo gracieuseté)

L’activité a mobilisé huit élèves, soit Maélie Yale (présidente du conseil étudiant), Maude Beaudry (vice-présidente du conseil étudiant), Alexie Tremblay, Lorie Jade Leclerc Saint-Amour, Maéva Lemieux, Mayhane Saint-Amour, Alix Vaillancourt et Éliot Boivin. Cinq enseignants ont également pris part au projet : Jean-François Longpré, Olga Daussà Pastor, Émily Lachaine-Gauthier, Laurence Robichaud-Baril et Sophie Turcot. À cela s’ajoutaient un membre du personnel d’entretien (Steve), un représentant de la direction (Kavin Dion), un technicien en loisirs (Pascal Mailloux) et plusieurs spectateurs.

Les constats

De manière générale, il a été constaté qu’environ 80 % des déchets générés pouvaient être récupérés ou compostés. L’image finale est éloquente : après un tri exhaustif, seule une très petite proportion des matières se retrouvait réellement destinée à la poubelle.

Dans la continuité de cette démarche, des discussions sont en cours avec la direction afin d’améliorer l’affichage et la gestion des stations de tri dans l’école. Par ailleurs, une vidéo de la performance sera montée et diffusée dans le but de poursuivre la sensibilisation auprès des élèves et des membres du personnel.

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