Il était une fois… Le Rapide de l’Orignal

Vue hivernale de Rapide-de-L'Orignal (Mont-Laurier) prise de la colline à côté de la polyvalente. Décennie 1920. Photo gracieuseté SHGHL
Vue hivernale de Rapide-de-L’Orignal (Mont-Laurier) prise de la colline à côté de la polyvalente. Décennie 1920. Photo gracieuseté SHGHL

Autrefois, les Attikameks faisaient une halte au Rapide de l’Orignal pour dormir et manger avant de faire un portage et se rendre à l’important comptoir de fourrures de la Cie de la Baie d’Hudson, près de Notre-Dame-du-Laus. Plus tard, explorateurs, coureurs des bois et bûcherons, eux aussi voyageurs en canot d’écorce, ont poursuivi la tradition lors de leurs déplacements entre la Ferme Rouge et la Ferme-Neuve.

Une légende amérindienne est à l’origine du premier nom donné à la ville de Mont-Laurier : « Le Rapide de l’Orignal ». Voulant échapper à une meute de loups qui le poursuivait, un magnifique orignal aurait tenté de franchir le rapide d’un seul bond (30 mètres). Malheureusement, il se noya. Mais le courage et l’audace du cervidé frappèrent l’imaginaire des pionniers à un point tel que sa tête apparaît avec panache sur le blason des armoiries de la ville.

Les historiens s’interrogent sur le pourquoi de l’absence d’une ferme forestière sur le territoire du Rapide de l’Orignal… Certains sont d’avis que c’était à cause de la rareté du pin blanc et du pin rouge; d’autres, parce que la terre argileuse était bonne pour la culture de fourrage mais pas pour la culture maraîchère; un tiers groupe allègue que le rapide, la présence de buttes et l’inclinaison des rives ne répondaient pas au devis d’une ferme forestière. Chose certaine, cette absence a fait en sorte que le Rapide de l’Orignal est la seule localité dont la naissance est due à une économie agricole.

C’est au cours de son 30e voyage dans le Pays d’en Haut que le curé Labelle est venu explorer le territoire du Rapide de l’Orignal en compagnie de son fidèle guide et ami, Isidore Martin. Convaincu de la fertilité du sol et de la possibilité de produire de l’électricité avec la chute, il recruta les premiers colons. Quand l’abbé Eugène Trinquier célébra la première messe dans la maison de Solim Alix, le 19 août 1885, étaient présents les 7 fondateurs de Mont-Laurier : Solim Alix, Adolphe Bail, Georges Bail, Alphonse Hudon, Louis-Norbert Fortier, Wilfrid Fortier, Alfred Fortier. Cette date marque le début officiel de la fondation du Rapide de l’Orignal.

Malgré des débuts difficiles, l’humble village deviendra la petite capitale des cantons du Nord.

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