Guerre de gangs au Rapide-de-l’Orignal (2/2)

  • Publié le 18 oct. 2022 (Mis à jour le 12 avr. 2025)
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Rédaction Médialo


Par Gilles Deschatelets.

C’est peut-être à l’hôtel Renaud de la Chute-aux-Iroquois que commence cette guerre des gangs. Les Fortier y sont logés pour la nuit et rencontrent deux autres voyageurs, Solime Alix et Adolphe Bail, venus de Waterloo. Eux aussi vont explorer la région de la Lièvre. Alix aurait rencontré le curé Labelle qui lui a aussi vanté tout le potentiel du Rapide-de-l’Orignal.

Que se sont dit les quatre hommes? Les Fortier ont-ils informé Alix et Bail de leur projet de revenir s’établir au Rapide? Ont-ils mentionné les lots qu’ils avaient choisis? C’est probable, mais on ne le saura jamais avec certitude. Ce qui est connu, c’est que Alix et Bail ont visité le Rapide-de-l’Orignal, dans les jours suivants, et décidé, eux aussi, de s’y établir. De retour chez eux, ils forment une société et se font concéder 489 acres de terres sur la rive nord du rapide.

Ce 23 septembre 1885, après une âpre discussion, le clan Fortier doit céder son territoire. Les trois frères construisent, sur l’île Bélanger, un chantier temporaire pour passer le premier hiver. Fin octobre, des arpenteurs gouvernementaux viennent tracer les lignes des lots et les frères Fortier se voient concéder 720 acres de terre qui, sur la rive sud, s’étendent du ruisseau Villemaire jusqu’aux îles en aval du rapide, soit toute la partie appelée plus tard le haut-du-village.

Aucun des deux clans ne survivra longtemps. Georges Bail, Alphonse Hudon et Wilfrid Fortier quittent le Rapide après quelques mois; Adolphe Bail les suivra en 1895 et Alfred Fortier en 1898. Après plusieurs déplacements dans la région, Louis-Norbert Fortier se retire à Nominingue en 1929 et meurt chez son fils Émile, à l’Annonciation, le 19 octobre 1932. Seul Solime Alix passera le reste de sa vie au Rapide et y mourra, le 16 février 1927, à l’âge de 70 ans.

[Plus d’un siècle après les événements, c’est à Solime Alix que nous attribuons la fondation de Mont-Laurier. Sans conteste, le fait qu’il ait pris la décision de demeurer au Rapide-de-l’Orignal toute sa vie, de s’y investir (il sera notamment maître de poste et maire) est certainement en bonne partie responsable de cet état des faits. Mais comme nous avons pu le voir, la réalité est souvent plus complexe que ce que l’histoire retient et il est de notre devoir de faire un effort de mémoire envers ces individus oubliés de l’histoire. Car, malgré leur départ éventuel, les Fortier, Bail et Hudon ont eux aussi contribué à fonder Mont-Laurier].

Yohan Desmarais, historien et directeur de la Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides (SHGHL) précise que les événements décrits ici sont une version romantisée des faits.

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