Il était une fois… La rivière du Lièvre

  • Publié le 3 déc. 2025 (Mis à jour le 3 déc. 2025)
  • Lecture : 2 minutes
Vue sur la rivière du Lièvre et sur le pont Allard (aujourd'hui le pont Reid) à Mont-Laurier. Vers 1900.
Photo gracieuseté - Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides
Vue sur la rivière du Lièvre et sur le pont Allard (aujourd’hui le pont Reid) à Mont-Laurier. Vers 1900. Photo gracieuseté – Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides

Notre histoire a commencé sur des chemins d’eau. La rivière du Lièvre, grande autoroute du passé, a vu défiler tour à tour, en canot d’écorce, des autochtones à la recherche de nourriture, des coureurs des bois à la recherche de fourrures, des explorateurs à la recherche d’un pays, des bûcherons à la recherche du pin blanc et des colons à la recherche d’une vie meilleure.

Nos pères et nos mères sont venus par la rivière avec le rêve pour bagage creuser le temps, creuser la terre qu’ils ont laissée en héritage. De Kiamika jusqu’à Sainte-Anne-du-Lac, en passant par Mont-Laurier, ils se sont installés, en chapelet, le long des rives de la Lièvre.

Ce sont des Atikamekw, appelés Têtes-de-boule par Samuel de Champlain à cause de la forme ronde de leur tête, qui ont baptisé ce grand cours d’eau Wabos (lièvre) sipi (rivière), sans doute à cause de l’abondance du lièvre dans la vallée à cette époque. C’était la principale nourriture d’hiver des autochtones et des trappeurs.

L’appellation française « rivière du Lièvre » remonte au moins à 1686. Cette année-là, le chevalier de Troyes l’utilise dans son Carnet de voyage. C’est la plus grande de nos trois rivières qui coulent du nord vers le sud. Rendue à Mont-Laurier, elle a déjà franchi la moitié de son parcours de 330 km avant d’aller épouser la rivière des Outaouais à la hauteur de Masson-Angers.

À compter de 1820, l’exploitation forestière chassa progressivement les Autochtones, la rivière du Lièvre servant désormais au flottage du bois vers Buckingham. Les historiens s’entendent pour dire que l’âge d’or de la Lièvre se situe entre 1885 et 1920, avec l’aménagement de barrages pour régulariser le débit des eaux, permettant d’en tirer l’hydroélectricité indispensable à l’établissement de colons et à l’érection de municipalités.

Le rétrécissement cascadé de la rivière dans son lit de roches, près de la centrale électrique, est à l’origine d’une légende autochtone qui a donné à la ville de Mont-Laurier son premier nom : le Rapide de l’Orignal.

Articles les plus consultés

Danielle Martineau, musicienne et médiatrice du patrimoine vivant.
(Photo gracieuseté – Nigel Quinn)
Culture

La chanson traditionnelle au cœur du balado Touchante

Le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) a récemment dévoilé le balado Touchante mettant en vedette Danielle Martineau.
L’œuvre de l’artiste Francis Montillaud qui fait maintenant partie de l’hôtel de ville de Rivière-Rouge.
(Photo Medialo - Ronald McGregor)
Culture

Comment interpréter l’œuvre de Francis Montillaud

L'œuvre de François Montillaud devant l'hôtel de ville de Rivière-Rouge. Que veut-elle dire?
Photo: gracieuseté
Culture

Quand les montagnes des Laurentides deviennent des muses

Madeleine Fortier, autrice et illustratrice des Laurentides, annonce la sortie de son tout nouveau livre pour enfants, Le géant de la montagne, fortement inspiré par les montagnes d’ici.