Personnes en situation d’itinérance, les Laurentides en forte hausse

  • Publié le 20 avr. 2026 (Mis à jour le 20 avr. 2026)
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Photo Unsplash
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Le 9 avril dernier, le dénombrement des personnes en situation d’itinérance visible au Québec a été rendu public. Les chiffres concernant les Laurentides ne sont guère reluisants. Survol.

Le dernier dénombrement des personnes en situation d’itinérance visible au Québec s’est déroulé le 15 avril dernier 2025 dans 15 régions sociosanitaires. Le Québec en compte 18, pour cet exercice, les régions de la Côte-Nord, celle du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ont été exclues.

L’exercice de dénombrement a permis d’estimer à 12 077 le nombre de personnes en situation d’itinérance visible dans les 15 régions visées, c’est 1873 personnes de plus qu’en 2022. Selon cette estimation, près de 80 % des personnes dénombrées ont passé la nuit dans une ressource temporaire et 16 % dans un lieu extérieur, dans un campement ou pas.

Les données actuellement disponibles confirment que l’itinérance a augmenté en moyenne de 20 % à l’échelle provinciale depuis 2022. On note par ailleurs que le phénomène a pris de l’ampleur dans certaines régions, dont les Laurentides.

Ce dernier dénombrement a mobilisé des milliers de bénévoles, d’intervenants et de travailleurs de rue. Il s’agissait du troisième exercice national, le premier ayant été réalisé en 2018 auprès de 11 régions du Québec, et le deuxième en 2022, dans 13 régions.

Entre les deux derniers dénombrements (2018 et 2022), l’itinérance dans les lieux extérieurs a augmenté de 10 % en moyenne chaque année. Entre 2022 et 2025, l’augmentation moyenne annuelle se situe à 14 %.

Les Laurentides

Sans grande surprise, la région sociosanitaire avec le plus grand nombre de personnes en situation d’itinérance est, de loin, celle de Montréal. On y compte un peu plus de 5000 personnes qui s’y trouvent en situation d’itinérance. Elle est suivie de la Capitale-Nationale et de la Montérégie, qui comptent toutes deux un peu plus de 1000 personnes en situation d’itinérance.

En se restreignant à l’itinérance extérieure, Montréal est également la région sociosanitaire la plus touchée, avec une estimation de plus de 800 personnes, ce qui représente 44 % du total pour l’ensemble de la province. Montréal est suivie de quatre régions ayant plus de 100 personnes en situation d’itinérance à l’extérieur : la Capitale-Nationale, la Montérégie, l’Outaouais et… les Laurentides.

Ainsi, le nombre de personnes en situation d’itinérance dans la région des Laurentides s’élève à 779. Le nombre de personnes en situation d’itinérance par 100 000 habitants, quant à lui, se chiffre à 70,4. La région pointe donc au 7e rang des 15 régions sociosanitaires visitées.

Les Laurentides se retrouvent dans le top 5 des régions qui ont connu une hausse de plus de 50 %, soit l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, Laval et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Autre donnée pour la région, les Laurentides arrivent au premier rang en ce qui a trait à la hausse la plus élevée de l’itinérance visible en nombre absolu, soit 331 personnes de plus qu’au dernier dénombrement, c’est plus que Montréal (295 personnes).

Par ailleurs, pour chacune de ces 10 régions hors Montréal, la part de l’itinérance extérieure est plus élevée en 2025 qu’en 2018. Les Laurentides ont vu leur part d’itinérance extérieure passer de 12 % en 2018 à 38 % en 2025. À la suite de cette hausse, la région des Laurentides est celle avec la plus grande part d’itinérance extérieure en 2025, surclassant Montréal.

 

Les réactions

L’info s’est entretenu avec Émilie Contant, la chef d’administration du programme régional ESPOIR, du programme régional réseau d’éclaireurs en santé psychologique et des dossiers transversaux au CISSS des Laurentides. « L’itinérance, c’est quand même une réalité qui est relativement nouvelle au sens où c’est quand même le troisième exercice de dénombrement qui a eu lieu au Québec. On a vu une augmentation quand même assez importante entre 2022 et 2025, on le voit par les données actuelles au niveau national, c’est une hausse de 20 % en 2022 et 2025. Ici, les premiers résultats présentés qui sont préliminaires, parlent d’une augmentation de 73,7 %, on est bien au-delà de la moyenne provinciale. »

Espoir

Depuis mai 2022, le programme régional Espoir regroupe notamment des intervenants cliniques spécialisés en itinérance, dont des infirmières cliniciennes, des agents de relations humaines, des travailleurs sociaux, des psychoéducateurs et des criminologues.

« C’est une équipe qui est composée d’une douzaine de personnes, puis on a le soutien de psychiatres et de médecins répondant également. Ils vont à la rencontre des gens là où ils se trouvent. Pour vous donner une idée dans la dernière année, plus de 663 personnes ont bénéficié du programme, puis on en a replacé plus de 168 en logement permanent ou en chambre », souligne Mme Contant

L’itinérance visible et l’itinérance cachée

L’itinérance visible désigne le fait de ne pas avoir de domicile fixe et de devoir vivre dans un lieu d’hébergement temporaire (refuge, ressource d’hébergement d’urgence) ou dans un endroit non conçu pour l’habitation (une voiture, la rue).

L’itinérance cachée, quant à elle, comprend les personnes qui doivent habiter temporairement chez quelqu’un ou dans une chambre d’hôtel ou de motel sans garantie de pouvoir y rester à long terme parce qu’elles n’ont nulle part d’autre où aller.

Source : Vitrine sur le vieillissement de la population et les personnes aînées

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