Profession : fermiers de famille

  • Publié le 14 avr. 2026 (Mis à jour le 14 avr. 2026)
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Photo: Médialo - Patrice Francœur
Photo: Médialo – Patrice Francœur

La Récolte de la Rouge est une ferme familiale de petits fruits et de légumes biologiques qui a pour visée une agriculture à échelle humaine en respect avec son écosystème par le biais d’une production écologique, locale et équitable.

Établis depuis 2016 dans la Vallée de la rivière Rouge et certifiée biologique l’année suivante, la ferme de Mathieu Roy, d’Audrie Tremblay et leur petite équipe est nichée au creux de la vallée de la Rouge, un décor bucolique pour de véritables passionnés de la production maraîchère.

Bien que le mois d’avril soit déjà bien entamé, les lieux ont encore des allures d’hiver, de la neige recouvre encore certaines parcelles des champs et le mercure est bien en dessous de zéro par ce matin frisquet. Qu’à cela ne tienne, les fermiers s’affairent d’ores et déjà dans les serres, une première récolte d’épinards a déjà été faite.

Les terres ont été acquises avant la flambée des prix. Pour Mathieu Roy, c’est la spéculation qui est la principale cause de cette flambée et c’est pour cette raison que la relève éprouve énormément de difficulté à accéder aux terres agricoles à un coût abordable.

C’est Céline!

Pour l’anecdote, quelle ne fut pas la surprise pour nos deux fermiers lorsqu’ils ont vu débarquer nulle autre que Céline Dion à leur kiosque libre-service, pour venir s’approvisionner en fruits et en légumes frais. « Elle habitait tout près d’ici pendant la pandémie de la Covid-19. Elle nous a même remerciés en nous donnant une photo autographiée à la fin de la saison », se remémore Mathieu.

Le goût, avant tout

Pourquoi croquer dans une carotte biologique récoltée localement provoque une explosion de goût en bouche si l’on compare à celle achetée en épicerie?

« La première raison, c’est que ce sont les variétés qui font la différence. Et puis, ici on utilise de l’engrais naturel, on fertilise avec du compost et du fumier de poulet séché, de la matière organique. On fertilise nos cultures avec ça. Ça fait vraiment une différence au niveau du goût », explique le fermier de famille.

Il poursuit en mentionnant que le stade de récolte est aussi primordial si on veut que le légume ait bon goût. Il prend le chou de Bruxelles à titre d’exemple, ce mal-aimé.

« Je détestais ça quand j’étais jeune, mais c’était parce qu’il était mal apprêté, il ne faut pas le bouillir! » Mais le moment choisi pour sa récolte est encore plus important que la façon de l’apprêter. « Des choux de Bruxelles, j’en vois dès la fin août en épicerie et ça provient du Québec. Ici, on récolte en octobre, il faut que subisse un gel avant de le récolter. Un sérieux gel.  Souvent, on les récolte dans la neige en plus. C’est misérable comme condition. Il fait 1°C, il pleut, il neige, on a froid. Mais ton légume, lui, il est parfait. »

Les coûts

Les deux fermiers sont confrontés à l’augmentation fulgurante du prix de l’essence et du diesel, mais font tout en leurs moyens pour que ça ne se reflète pas par une augmentation du prix de leurs légumes.

Que ce soit au marché de Val-David ou directement à la ferme, la grande majorité des clients sont reconnaissants de pouvoir s’approvisionner en légumes de qualité et ne rechignent aucunement sur leurs prix.

« Quand tu me dis que mes produits sont trop chers, tu es en train de me dire que tu cautionnes le fait que je sois pauvre. Vas-y à l’épicerie l’acheter le poivron à rabais de la Californie. Ce n’est pas comme ça qu’on bâtit une économie. »

Mathieu et Audrie affirment vivre encore sous le seuil de la pauvreté. En raison, entre autres, des nombreux investissements effectués dans les dernières années. Ils ont toutefois confiance que leur situation financière s’améliorera dans les prochaines années.

Le plus beau métier du monde?

Malgré les embûches, les défis, les sacrifices comme la quasi-absence de vacances, nos deux fermiers sont loin de regretter leur choix. Oui, le travail est dur, mais on sent qu’ils ne veulent pas projeter une image misérabiliste de leur profession.

Pendant la saison hivernale, malgré le travail qu’ils doivent abattre – achat de semis, planification, paperasse –, les deux fermiers occupent un travail à temps plein. L’une dans un restaurant et l’autre aux remontées mécaniques à la Station Tremblant.

« Quand on se sent utile, on est capable d’en prendre un peu plus sur nos épaules.
Ce n’est pas comme faire des heures supplémentaires pour quelqu’un d’autre pour un travail qui n’a pas de sens pour vous. Notre travail, il a du sens », conclut Audrie.

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