Chronoscope : un spectacle du dysfonctionnel

  • Publié le 7 avr. 2026 (Mis à jour le 7 avr. 2026)
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À compter du 2 avril, le Centre d’exposition de Mont-Laurier présentera Chronoscope, une exposition de l’artiste André Lemire.

Le vernissage aura lieu le jeudi 2 avril à 17 h, en présence de l’artiste. Le public est invité à venir découvrir l’exposition et à échanger avec lui à propos de son travail et de sa démarche. L’entrée est gratuite et ouverte à tous.

Avec Chronoscope, André Lemire propose une installation mécanisée qui présente le monde comme un immense spectacle ambulant dont la migration serait terminée depuis longtemps, mais qui continuerait malgré tout de s’animer d’une énergie résiduelle. L’exposition donne à voir les vestiges d’un univers révolu, un théâtre mécanique chaotique qui tenterait de reprendre vie pour une ultime représentation.

L’installation évolue au fil du temps et des différents lieux d’exposition, les bris, les réparations et les reconfigurations successives devenant partie intégrante de l’œuvre dans un processus cumulatif où rien ne se perd. L’objet s’use, se modifie et semble peu à peu développer une personnalité propre, oscillant entre le désir d’exister et l’impossibilité d’atteindre une animation complète.

Le travail de l’artiste s’inspire notamment de l’observation attentive de la nature, où rien n’est intact et où l’usure, le déséquilibre et l’altération participent à l’évolution du vivant. André Lemire transpose cette idée dans des installations grinçantes, dysfonctionnelles et volontairement imparfaites. À travers des objets analogiques et fragiles, il explore la précarité de l’expérience humaine et la place de l’imperfection comme langage visuel.

L’origine de Chronoscope, remonte à une expérience marquante de l’artiste alors qu’il travaillait comme menuisier pour une tournée d’un cirque bien connu. Dans chaque ville, il participait à construire sous un chapiteau un monde complet comprenant forêt, ciel, pluie, lac et montagne pour accueillir chevaux et acrobates. Le chapiteau devenait alors selon l’artiste « un véritable microcosme du monde ». Il a également été témoin de la fin de cette tournée colossale, dont les déplacements auront nécessité chaque fois des dizaines de camions et le travail de centaines d’ouvriers durant plusieurs semaines. Présent lors du démontage final du plus grand chapiteau au monde, André Lemire a aussi vu disparaître cet univers monumental. « On a démonté le spectacle, puis tout a été entreposé dans un terrain vague avec la végétation qui pousse au travers. C’est ce qui m’a inspiré pour créer un monde abandonné au milieu d’un champ qui bouge », explique-t-il.

C’est de cette expérience qu’est née l’idée de Chronoscope, une œuvre appelée à se transformer, s’user et se reconfigurer au fil du temps, assumant pleinement sa nature éphémère.

Observer le monde dans son imperfection

La démarche d’André Lemire s’appuie sur une observation minutieuse de la nature et du vivant. Selon lui, rien n’y est parfait : plantes brûlées par le soleil, insectes parasités, branches cassées, organismes altérés. De ce chaos apparent naît pourtant un monde en perpétuelle évolution, un équilibre toujours recherché mais jamais atteint. « C’est de ce déséquilibre que naît le mouvement », affirme l’artiste.

Ayant travaillé plusieurs années en production maraîchère, il a observé de près les cycles de croissance, de transformation et de détérioration du vivant. Cette vision influence directement sa pratique artistique, qui cherche à mettre en scène ce chaos et ce déséquilibre à travers des installations mécaniques imparfaites, grinçantes ou usées.

Il y a quelque chose de postapocalyptique quand on voit l’exposition; c’est comme une fin de civilisation, mais de beau malgré tout comme un monument en ruine », mentionne-t-il. « À travers cette œuvre, j’essaie de dire que peu importe ce qui arrive, le monde va continuer à être beau quand même puis l’herbe va continuer à pousser. »

Un parcours atypique

Titulaire d’un baccalauréat en arts et design, concentration arts visuels, André Lemire a reçu plusieurs bourses et participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le Canada. Artiste multidisciplinaire au parcours professionnel atypique, il a été tour à tour fermier, menuisier, technicien de cirque, estimateur, designer et entrepreneur.

Depuis sa graduation de l’Université du Québec en Outaouais en 2007, il développe une pratique en sculpture et en installation axée sur l’ambiguïté, l’usure et le dysfonctionnel. Par une pratique qu’il décrit comme presque monastique, il cherche à témoigner de la complexité du monde à travers des œuvres où le dysfonctionnel et l’ambigu occupent une place centrale, acceptant parfois le brouillon comme forme définitive.

L’exposition Chronoscope est présentée gratuitement du 2 avril au 3 juin au Centre d’exposition de Mont-Laurier, situé au 300, boulevard Albiny-Paquette. Pour connaître l’horaire et les activités en lien avec l’exposition, consulter la page Facebook du Centre d’exposition ou le expomontlaurier.ca.

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