Deux météorites tombées à L’Ascension?

Les formes rondes au bord des cercles au crayon, que représentent-elles au juste?
(Photo gracieuseté)
Les formes rondes au bord des cercles au crayon, que représentent-elles au juste? (Photo gracieuseté)

Il y a quelques mois, un internaute posait la question aux abonnés d’une page au sujet de deux formations naturelles au nord-ouest de L’Ascension. Ce sont des traces de météorites tombées il y a longtemps? C’est technique, la réponse.

Les formations ont aussi soulevé la curiosité de L’info. Comme il s’avère impossible de répondre à l’internaute, passer par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts est la solution. Les réponses reviennent de Stéphane Desmeules, relation publique.

Que voit-on sur ces photos? On apprend que des processus géologiques peuvent engendrer des formes circulaires, lesquelles peuvent être observées par la topographie et la forme des lacs, comme celles observées sur la capture d’écran [notre photo – NDLR]. Lesdits processus sont des intrusions, c’est-à-dire « la mise en place de plutons dans la croûte terrestre présente souvent une géométrie arrondie, explique M. Desmeules. On observe fréquemment une zonation de la composition des roches, du centre vers la périphérie, au fur et à mesure de la cristallisation du magma. [Aussi] des plissements : sous l’effet des contraintes tectoniques, les roches se déforment par plissement, ce qui peut créer des structures annulaires en surface ».

De vieilles formations

La cartographie géologique du ministère permet de reconnaître les formations et les structures géologiques. Quant aux structures identifiées au nord-ouest de L’Ascension, leur géométrie s’explique comme suit. Pour la structure sud-ouest, il s’agit d’une intrusion tardive de la suite alcaline potassique de Kensington-Skootamatta, une roche intrusive rosée (syénite) qui comprend des minéraux ferromagnésiens (foncés) tels que de la biotite, de l’amphibole et du clinopyroxène. 

« Sa forme arrondie est préservée, car elle a peu subi les déformations tectoniques ultérieures, et sa variation de composition du cœur vers les bordures confirme son origine magmatique zonée. La structure nord-est. Cette forme résulte du plissement de roches sédimentaires métamorphisées (nommées paragneiss, quartzite et tourmalinite). La géométrie arrondie est ici le produit de la déformation ductile des roches. » 

Intérêt minier ?

« Un impact météoritique d’envergure kilométrique laisse des traces, comme en témoigne, par exemple, l’astroblème de Charlevoix. On y observe notamment des cônes de percussion, des structures coniques formées par l’onde de choc, poursuit le relationniste. Leur sommet pointe généralement vers l’épicentre de l’impact. » 

Puis, la dépression annulaire et le pic central. L’impact d’une météorite creuse une cuvette circulaire au centre duquel s’élève un pic central par rebond dit élastique. Cette dépression peut se transformer en lac avec une île en son centre. 

« Les brèches d’impact [se forment] lors de la collision; la roche est pulvérisée, puis se solidifie à nouveau, ajoute M. Desmeules. Il en résulte une roche composée d’une matrice fine emprisonnant des fragments de la roche encaissante. Ainsi, une morphologie circulaire ne suffit pas à confirmer l’origine météoritique d’une structure. »

Dater la suite

« Selon les données disponibles, la suite alcaline potassique de Kensington-Skootamatta se serait mis en place il y a environ 1080 à 1070 millions d’années. Pour sa part, le plissement des roches sédimentaires est associé à des épisodes de collisions tectoniques survenus il y a environ 1200 à 980 millions d’années et, au Québec, dont les traces sont observées de l’Outaouais à la Côte-Nord (voir la Province de Grenville) », conclut Stéphane Desmeules.