Et si l’on trouvait un nom cool à l’aréna?

Le Centre sportif et culturel de la Vallée de la Rouge.
(Photo Medialo - Archives - Ronald McGregor)
Le Centre sportif et culturel de la Vallée de la Rouge. (Photo Medialo – Archives – Ronald McGregor)

Soyons honnêtes, le bâtiment de Rivière-Rouge, le Centre sportif et culturel de la Vallée de la Rouge (CSCR), porte un nom drabe. Il devrait être en hommage à une personne qui mérite cette gloire. Qui?

C’est hélas! trop commun de mettre un nom générique à un bâtiment public où souvent, des gens qui ont fait l’histoire de la localité le méritent amplement. Mais quelqu’un d’ici possède encore l’aura pour orner la façade du CSCR?

Le CSCR est avant tout un aréna. C’est la raison première pour laquelle il doit avoir le nom d’un sportif au-dessus de la porte coulissante. Le nom du hockeyeur Roger Léger (1919-1965) serait peut-être parfait. Revenons sur son passif méritoire.

Salut Roger!

De 1939 à 1942, M. Léger joue à Montréal avec le Dominion Glass, le Hudson Height, puis les Montagnards d’Ottawa et le Joliette Cyclone. Après quoi, il évolue comme joueur instructeur, prêtant son concours aux Braves de Valleyfield en 1942. L’année suivante, il joue pour trois équipes, coup sur coup : dans les rangs des Rovers de New York, des Rangers de New York, où il signe comme agent libre en 1943 et des Bisons de Buffalo (1940-46) dans la Ligue américaine. À son arrivée, le célèbre Eddie Shore est le gérant. Léger aide celui-ci à remporter le championnat et se classe premier parmi les défenseurs en 1945 et 1946. L’équipe remporte la coupe Calder en 1943-44 et 1945-46.

L’équipe lui verse une gratification de 1 000 $ — somme importante à l’époque, car c’est le joueur le plus utile à l’équipe. Le hockeyeur devient membre de la première équipe d’étoiles de la Ligue américaine en 1945-46. 

Un Canadiens de Montréal !

Après trois saisons avec les Bisons, ayant démontré son talent, Roger Léger est appelé à Montréal en 1946 où il porte le #21 pour les Canadiens. À L’Annonciation, c’est l’euphorie quand la nouvelle fait écho. Le sportif n’est pas le premier à porter ce numéro ; parmi les plus connus se trouvent Doug Jarvis, Guy Carbonneau et Gilles Tremblay. 

Sur la glace, le défenseur de 5’11 et 210 livres s’avère bien entouré, durant sa première saison, jumelé à Toe Blake, Émile Bouchard, Bill Durnan, Doug Harvey, Elmer Lach, Ken Reardon et nul autre que Maurice Richard. 

Dans son autobiographie de 1955, The Habs, l’entraîneur Dick Irving rappelle que lui et Frank Selke voulaient Toe Blake comme entraîneur, mais la presse canadienne désirait que le poste soit offert à Roger Léger. 

Joueur de hockey sur une vielle photo portant le chandail des Canadiens de Montréal.
Roger Léger, à l’époque des Canadiens de Montréal.
(Photo – Société d’histoire de Rivière-Rouge (SHRR))

Au cours des saisons avec les Canadiens, Roger joue dans les séries éliminatoires de 1946-47, 1948-49 et 1949-50. Il dispute 20 matchs, ne marquant pas un but, mais cumulant 7 assistances et 7 points. Pour les saisons régulières, de 1946-47 à 1949-50, Léger cumule 17 buts, 51 assistances et 68 points en 180 matchs. Au total, il aura joué 187 matchs, marqué 18 buts, récolté 53 assistances, 71 points et 71 minutes de punitions. 

Fierté 

Roger Léger, vendu à Victoria, se voit nommé joueur entraîneur en septembre 1950. Le Frère Samuel Charette, auteur de la première monographie de L’Annonciation, a rencontré Léger vers 1952, en glisse un mot.  

« Roger fait honneur à sa profession et à sa nationalité; il considère qu’un Canadien français a toujours tort d’être le second, quand il peut être le premier. Son caractère affable et sa science du jeu national le désignaient à la position d’instructeur qu’il a remplie pendant deux ans chez les Cougars de Victoria […]. Cette équipe a remporté le championnat de la Ligue du Pacifique pour la première fois de son existence ». 

Au fort de deux saisons, de 1950 à 1952, il évolue pour les Royals de Montréal, de la Ligue senior, et de 1954 à 1956, pour les Cataractes de Shawinigan (qui viennent à Rivière-Rouge presque tous les ans depuis quelques années). 

Puis, il quitte le monde sportif en 1956. Revenu dans la Rouge, il investit dans l’immobilier avant de décéder le 7 avril 1965. Il est inhumé dans le vieux cimetière de la Ville avec sa famille.

Donc, Roger Léger se montre comme un nom pouvant orner la devanture du CSCR, tout en faisant honneur à la Rouge : Centre sportif et culturel Roger-Léger. Comme peut-être un autre nom, d’ailleurs… 

En guise de conclusion

Rencontrée par hasard au parc de la gare de Rivière-Rouge, l’idée du nom de M. Léger plaisait à la mairesse de Nominingue. Elle soulignait toutefois que le bâtiment est supralocal, le renommer demande une consultation des municipalités membres. 

Quant au maire de la Ville, Gilbert Therrien, il affirme au journal que personne ne s’est manifesté auparavant pour changer le nom du bâtiment.

« Je crois que ça nécessiterait probablement une consultation citoyenne. […] Le nom actuel représente bien l’objet. Mais le nom que vous mentionnez [Léger] est un nom connu dans la région, qui a un passé intéressant, mais je pense que cette réponse ne devrait pas venir du maire, mais à la suite d’une consultation. Moi, je ne ferme pas la porte. […] Roger Léger a laissé sa marque. »

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