« Fatigués de faire plus avec moins » : le communautaire à bout de souffle

  • Publié le 25 mars 2026 (Mis à jour le 25 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Photo Médialo - Mary Radermaker
Photo Médialo – Mary Radermaker

Le 23 mars, L’info était de passage au local de la Corporation de développement communautaire des Hautes-Laurentides, sur la rue de la Madone, afin d’entendre les revendications de la cellule locale du mouvement Le communautaire à boutte.

D’ici le 2 avril, ce sont 1622 organismes du milieu communautaire seront en grève de service partout au Québec afin de dénoncer le sous-financement du secteur et exiger des investissements durables de la part du gouvernement du Québec.

Lors de ce point de presse, Mariève Piché, directrice générale du Centre d’action bénévole Léonie-Bélanger, a dressé un portrait clair de la situation dans la région. « Fatigués de faire plus avec moins, les organismes communautaires des Hautes-Laurentides sont à bout de souffle », a-t-elle déclaré d’entrée de jeu.

Elle a rappelé que la mobilisation est bien réelle dans la région. « Dans les Laurentides, c’est 78 organismes qui, en ce moment, ont un mandat de grève de service dès aujourd’hui qui va se traduire de différentes formes. » Notons que cette grève de services ne signifie pas nécessairement une fermeture complète pour tous les organismes participants, mais plutôt une série d’actions de mobilisation, d’activités publiques et de sensibilisation.

Selon Mme Piché, le message derrière cette mobilisation est simple, mais fondamental. « Le milieu communautaire est essentiel au filet social, mais il fonctionne aujourd’hui à bout de souffle. Ce que le mouvement réclame, des conditions de travail décentes pour les travailleurs du communautaire, un financement suffisant à la mission, une reconnaissance pleine et entière des organismes, la protection de l’autonomie et la fin du financement précaire, un engagement clair à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique. »

Elle a également expliqué pourquoi le milieu communautaire en est venu à envisager une grève de services, un moyen de pression plus rarement utilisé dans ce secteur. « Dans d’autres secteurs, la grève est un outil légitime reconnu pour se faire entendre. Ce qui est valable pour les secteurs de l’enseignement, des soins infirmiers ou du milieu ouvrier l’est tout autant pour nous. Il est tout à fait légitime que le communautaire puisse utiliser les mêmes leviers. »

Mariève Piché a insisté sur le fait que les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans la société, même si leur travail demeure souvent invisible. « Nous sommes partie intégrante du filet social, nous tenons nos services à bout de bras. Or, notre travail, souvent invisible, est perçu comme une vocation, une passion, un engagement. Pourtant, nos compétences et l’expertise de nos travailleuses et travailleurs du Communautaire doivent être reconnus à leur juste valeur et rémunérés de façon adéquate. »

Les revendications ne concernent pas seulement les travailleurs, a rappelé Mme Piché, mais aussi la population qui bénéficie des services. « Nous revendiquons une pleine reconnaissance de notre rôle, un financement à la hauteur de notre mission, qui permettra d’établir des conditions de travail décentes. Nos conditions de travail comptent, nos missions aussi. Nos actions quotidiennes sont des services essentiels pour créer des liens précieux avec des humains qui protègent et font la promotion de la justice sociale du bien commun. »

Si le mouvement en est rendu à la grève, c’est aussi parce que plusieurs démarches ont déjà été entreprises au fil des années. « Par la grève, c’est donc dire que nos voix méritent d’être écoutées. Au fil du temps, nous avons essayé les pétitions, les manifestations pacifiques, les appels à l’aide et aussi multiplier les rencontres. Pourtant, rien n’a vraiment bougé. »

Elle invite d’ailleurs la population à appuyer le mouvement et à participer aux différentes activités organisées localement. « Levons-nous ensemble, même avec des moyens limités. Plus nous serons nombreux, plus nous serons solides. »

La mobilisation culminera le 2 avril à Québec, devant l’Assemblée nationale, où des milliers de travailleurs du milieu communautaire se rassembleront pour interpeller directement les partis politiques. Pour Mariève Piché, le message est clair : « Le message du mouvement est sans équivoque. Le mouvement s’organise, s’élargit et entend tenir des engagements concrets. Ce n’est pas juste le communautaire qui est à boutte, c’est tout le Québec qui s’essouffle. »

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