Femmes inspirantes : la dévotion de Marguerite Saint-Louis Constantineau

  • Publié le 10 mars 2026 (Mis à jour le 10 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes

En 2004, Marguerite Saint-Louis Constantineau songe à faire de l’aide humanitaire un projet de retraite, loin de se douter qu’elle s’y consacrerait toujours plus de 20 ans plus tard. Entrevue avec la dame originaire de Notre-Dame-de-Pontmain, maintenant âgée de 81 ans.

 

Qu’est-ce qui vous a poussée à vouloir aider en Haïti ? Pourquoi ce pays en particulier ?

Quand j’étais petite, à l’école, nous entendions parler de la pauvreté, surtout en Afrique. Après ma neuvième année, j’ai fait deux ans de couvent : si je me faisais religieuse, c’était pour aller faire de l’aide humanitaire dans un autre pays. À 17 ans, après avoir rencontré celui qui allait devenir mon époux, j’ai finalement arrêté le couvent. Je me suis mariée l’année suivante. Ma vie de couple a été extraordinaire et exceptionnelle. Après le départ de mon mari, je me suis dit : « Je vais toujours m’ennuyer de lui, mais je refuse de m’ennuyer dans la vie. »

À ma retraite du CLSC, où j’ai passé 19 ans de ma vie, j’avais ce but de faire de l’aide humanitaire sans savoir où j’irais. Puis, à la fin de 2004, c’est venu à moi : j’allais me rendre à Bombardopolis, au nord-ouest d’Haïti, une place d’extrême pauvreté.

 

Combien de voyages humanitaires avez-vous effectués ?

Je suis allée en Haïti en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009. En 2010, le voyage a été annulé une journée avant notre départ en raison du choléra. J’y suis retournée en 2011, puis en 2014, j’y suis allée avec mes deux plus vieux petits-enfants de 14 et 17 ans, Cédric et Stéphanie. Je n’y suis pas retournée après, mais je suis restée en communication avec le prêtre du village où j’aidais. De 2016 à 2019, j’ai continué d’organiser des soupers-spaghettis pour amasser des fonds. Après la COVID, j’ai continué les contacts avec Gaspard, où le projet de l’école auquel j’avais participé n’était pas fini. En 2023, on a vidé notre compte pour permettre d’achever sa construction. Malheureusement, ça a coûté plus cher que prévu et il manque toujours les tableaux et les bancs, en plus des latrines. Les projets là-bas prennent du temps en raison de l’argent qui manque, mais les Haïtiens sont patients, résilients et courageux. Il y a quelques mois, le prêtre du village m’a réécrit pour me demander s’il était possible de donner des fonds. Ça coûterait environ 4000$. Je pense donc à faire une levée de fonds*.

Marguerite St-Louis Constantineau servant le dîner aux enfants à Bombardopolis.

 

À quels projets avez-vous participé là-bas ?

En revenant de Bombardopolis, en 2005, je savais que je ferais quelque chose. J’avais vu l’extrême pauvreté. J’ai donc commencé à organiser des soupers-spaghettis, d’abord pour ma parenté et les voisins. Avec le premier souper, j’ai fait 1 161$, ce qui était assez pour ouvrir une cantine dans un village à 1h de Bombardopolis, dans les montagnes. Jusqu’en 2007, j’ai monté là-bas le plus de dossiers possible. Une année, j’ai maigri de 18 livres, tout ça parce que je partais tôt le matin à pied, essayant d’aller partout. Mais je ne m’en plains pas ! J’ai ouvert des cantines dans différentes écoles. Ma bru, qui m’a accompagnée en 2006 et en 2007, a monté beaucoup de dossiers pour faire parrainer des enfants. Je l’ai aidée en faisant parrainer 20 enfants à Mont-Laurier, et elle en faisait parrainer à Saint-Donat. En 2008, Pierre Barbeau de l’organisme Aide aux aînés Canada, m’a demandé d’aller réorganiser un foyer à Bonneau, au nord-ouest également. Avec une amie infirmière, nous sommes allées. On a formé une équipe sur place, avec une infirmière, deux préposés, deux cuisinières. À la fin de notre stage à Bonneau, le prêtre de Gaspard, le village voisin, est venu nous voir pour nous demander de visiter son village. On a tout de suite su, l’infirmière Hélène Lafrance et moi, ce qu’on allait y faire. Il y avait une boulangerie effondrée. J’ai proposé de la reconstruire, à condition que ce soit sur un terrain qui appartiendrait à la paroisse plutôt que sur un terrain privé. Ils ont trouvé un terrain, au prix de 3500$ US, et on y a bâti la boulangerie, nommée la Boulangerie de Mont-Laurier, ainsi que le dispensaire et le moulin à maïs. Je me suis aussi occupée d’envoyer des conteneurs avec des chaussures, des vêtements, des marchettes, des cannes, des fauteuils roulants, des béquilles et autre matériel pour le dispensaire.

 

« Les Haïtiens sont patients, résilients et courageux. »

-Marguerite St-Louis Constantineau

 

Aider son prochain a-t-il toujours été important pour vous ?

Oui. J’ai été élevée dans une famille de 16 enfants, et mes parents ont été famille d’accueil en plus. Les quêteux avaient aussi une bonne place chez nous.

 

Pouvez-vous nommer une femme qui vous inspire ?

Mère Teresa. J’ai toujours gardé sa photo avec moi.

 

Le maire de Mont-Laurier, Michel Adrien, le père Cholet Augustin, Marguerite Saint-Louis Constantineau, le père Pechner Julmisse, Benoît Bégin, président de Solidarité Haïti, et le député Sylvain Pagé en 2011.

 

*Restez à l’affût concernant la levée de fonds de Mme St-Louis Constantineau, qui permettra de meubler l’école de Gaspard. Plus d’informations à ce sujet suivront ce printemps.

 

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